Faustine Escoffier

Passionnée par la fabrication de ses propres matières artistiques, Faustine Escoffier a conduit ses recherches lors de son baccalauréat en beaux arts à l’Université Bishop’s et lors de résidences à Sagamie/CentreBang, au CACJC, à Rurart et aux ateliers Presse Papier. Elle a été soutenue par le CALQ, le Fond de Recherche du Québec et la Bourse Denis Charland. Elle a participé à plusieurs expositions collectives telles qu’à d’Art et de Rêves, au musée des beaux arts de Sherbrooke, à La Biennale du lin à Grondines, à la Maison des arts et de la culture de Brompton et à Art Mûr à Montréal. Elle aime aussi partager ses connaissances en gravure, fabrication du papier, livre d’artiste lors d’ateliers de médiation ou de perfectionnement.
Démarche
Par la rencontre entre les médiums de l’estampe, du livre d’artiste, de l’art de la fibre et de la peinture, ma pratique est motivée par la déconstruction de mon éducation matérialiste et sa mentalité hiérarchiste et extractiviste, et par un désir d’horizontalisation du vivant dont je fais partie. J’explore des moyens, des croyances et des postures qui permettent et inspirent une relation de réciprocité.
Mon mode de vie s’est construit autour de l’idée de résilience par le jardinage vivrier, la cueillette sauvage, l’herboristerie et une sobriété énergétique. Cette approche a donné une place centrale aux plantes dans ma vie et infiltre ma façon d’aborder l’art.
Concrètement, ma pratique m’amène dans les champs ou la forêt où j’observe, cultive ou récolte la majorité de mes matières premières. J’apprends à extraire les colorants, pigments et les fibres qui deviendront couleurs, papiers ou fil. Je collecte aussi des déchets comme les vieux tissus ou le bois abimé pour les honorer et témoigner du gaspillage. Je développe ainsi un répertoire de matières premières qui soit pérenne et cohérent avec une pratique artistique eco-responsable.
J’assume une continuité entre l’oeuvre, la matière, les couleurs, le lieu et l’être vivant d’où elles viennent. Ces longs processus sont à contre-courant et m’éloignent du rythme capitaliste délétère pour l’écologie globale et ma propre écologie. J’apprends à ralentir et à m’ajuster aux rythmes naturels. Je vois mon rapport au monde changer, s’horizontaliser; l’objet nature devient sujet.
Crédit photo: Caroline Vaillancourt