Johanna Bienaise

Johanna Bienaise est professeure au Département de danse de l’UQAM depuis 2012. Son parcours professionnel comprend une formation en enseignement de la danse en France (Diplôme d’état) et une carrière d’interprète à Montréal (2002-2012). Titulaire d’un doctorat en études et pratiques des arts de l’UQAM, elle s’est intéressée à la formation préprofessionnelle en danse contemporaine, au travail de l’interprète-créateur.trice, ainsi qu’aux méthodologies de recherche-création. Aujourd’hui, ses recherches portent sur les pratiques écosomatiques en danse et performance, l’écosomatique étant compris comme un champ d’études et de pratiques liant approches somatiques (basées sur la conscience du corps en mouvement en relation avec ses milieux d’existence) et écologie. Johanna se penche pour cela sur les expériences protéiformes que les pratiques écosomatiques proposent. Face aux préoccupations socio-écologiques qui se multiplient, l’expertise des artistes écosomatiques reposent sur un raffinement de l’attention, de la présence à soi et à son environnement, sur une écoute subtile des sensations avec une conscience accrue des systèmes du corps (vivant en soi connecté au vivant autour de soi). Leurs approches de création offrent un déplacement des modes de percevoir et de vivre ensemble, d’autres relations à l’espace et à la temporalité ainsi qu’une déhiérarchisation des relations entre les humain.e.s et leurs milieux de vie.

Recherches

Situé au croisement des pratiques somatiques, des humanités environnementales – notamment de la philosophie, de l’éthique, de la sociologie et de la psychologie environnementales – et de la recherche en arts vivants et en danse, le champ des Écosomatiques est en plein développement (Pantouvaki, Fossheim et Suurla, 2021; Fraleigh and Bingham 2018; Reeve, 2006, 2012; Bardet, Clavel et Ginot, 2018). Dans ce contexte, la recherche menée par Johanna, Pratiques écosomatiques en danse et performance au Québec (CRSH Développement Savoir – 2022-2025) vise à contribuer à ce développement aussi bien sur les plans théorique, épistémologique que praxéologique, à partir de l’analyse des pratiques. L’objectif est de mieux comprendre ce champ et ses apports potentiels au regard des défis socioécologiques, des injustices environnementales et de la crise climatique en développant de nouvelles façons d’être, de sentir, d’habiter, de produire, d’entrer en relation. Une première étude menée auprès de 4 artistes dont les approches font écho au champ émergent des écosomatiques : Lara Kramer, Kerwin Barrington, Lucy Fandel et Hanna Sybille Müller, a permis de révéler des pratiques attentionnelles de mises en relation avec l’environnement, dans une reliance à toute chose. Ces pratiques conduisent à une transformation des artistes dans un devenir avec l’environnement. Par des mises en relation du réel et de l’imaginaire, elles offrent de nouveaux récits incorporés, donnant à vivre et à sentir d’autres possibles relationnels et existentiels. Une deuxième étude consiste en la création d’un répertoire des artistes et de leurs oeuvres, qui façonnent les pratiques Écosomatiques au Québec.  Actuellement en cours d’élaboration, ce répertoire a pour but de concevoir une première cartographie des pratiques artistiques relatives au champ des Écosomatiques au Québec.