Émilie Gervais

Émilie Gervais est doctorante en sociologie à l’Université Laval. Elle s’intéresse aux relations de
care et aux manières de penser une société plus soignante, attentive aux liens entre humains,
végétaux et milieux de vie. Son travail porte autant sur les objets de recherche que sur les façons
de faire la recherche, en mobilisant des méthodes qualitatives, ethnographiques et visuelles,
notamment la photographie et le collage. Parallèlement à son doctorat, elle s’implique dans
plusieurs réseaux de recherche, dont le Centre de recherche en santé durable (VITAM), le
Laboratoire de sociologie publique de l’Université Laval et le Réseau étudiant du Centre de
recherche sur les innovations sociales (RéCRISES).
Résumé du projet
Son projet doctoral porte sur les jardins partagés, envisagés dans une perspective de care, entendu
comme une « activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer
et réparer notre “monde”, en sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible » (Tronto,
1993 :143). Il vise à comprendre si et comment les expériences quotidiennes de jardinage
collectif reconfigurent les relations au collectif humain et aux entités non humaines (plantes, sols,
insectes, animaux) qui composent le jardin.
Le projet s’intéresse à la manière dont ces espaces permettent d’expérimenter des formes
d’attention, de soin et de responsabilité, tout en révélant les potentialités et les tensions propres à
la vie commune dans un monde en crise. Plus précisément, il analyse comment les expériences de
jardinage collectif deviennent, dans le temps, des pratiques sociales durables et porteuses de sens,
inscrites dans des réseaux de sociabilité préexistants ou émergents. Il examine comment ces
pratiques soutiennent des formes de coopération, tout en faisant apparaître des normes, des
frontières et des enjeux de gouvernance qui structurent la vie collective.
Mobilisant une ethnographie participative menée dans trois jardins contrastés à Québec, ce projet
articule les éthiques du care, les perspectives écoféministes et l’écologie sociale. Il contribue à
reconsidérer les rapports au végétal à partir d’expériences situées, d’imaginaires partagés et
d’échanges interdisciplinaires.
Direction de recherche pour la thèse
Dan Furukawa Marques et Émilie Dionne