Dani Tardif

Dani Tardif (iel) est un·e artiste multidisciplinaire et anthropologue basé·e au Québec, travaillant avec divers médias, notamment la vidéo, le son et la narration orale et écrite. Son premier livre, Devenir Lean, une ethnographie des transformations managériales néolibérales du système de santé à Montréal, sera publié en août 2025. Iel termine actuellement une maîtrise en recherche-création à l’UQAR (Rimouski, Québec) en création littéraire, explorant comment la construction d’univers de fiction spéculative peut être utilisée pour raconter des histoires nuancées sur les conflits et les violences latérales dans les communautés queer.

Projet de recherche :

Mon projet de mémoire s’inscrit dans une démarche de recherche-création autour des littératures de l’imaginaire et des études queers. Il articule une analyse critique du roman Les sœurs de la Muée de Larissa Lai (2025) et l’écriture d’une fiction spéculative intitulée Subterfuges. Le concept d’« utopie insurgée », développé par Lai, constitue le fil conducteur de mon approche : il s’agit de penser des mondes queers alternatifs où les impulsions utopiques et dystopiques

coexistent, révélant à la fois la beauté et les failles des communautés choisies. Dans Les sœurs de la Muée, Lai met en scène des communautés de femmes queers chinoises diasporiques, vivant entre solidarité et violences, où la reproduction passe par le clonage et où les frontières entre humain et non-humain s’effacent. À travers ce récit, se déploient des corps hybrides, posthumains et queer, porteurs d’espoirs et de contradictions.

En miroir, Subterfuge explore une utopie sous-marine où Din, être marginalisé, plonge à la rencontre des Poissons, créatures aquatiques métaphores de fluidité et de transidentité vivant en symbiose avec plusieurs êtres végétaux et non-humains. Ce récit interroge la possibilité d’appartenir et d’aimer, sans effacer les risques de trahison et de violences latérales, et ce, sans simplifier la richesse des expériences queer. Le projet vise à comprendre comment la création de mondes queers permet de raconter des histoires de conflits nuancées tout en ouvrant un espace littéraire émancipateur qui redéfinit la notion de communautés queers hors des récits anthropocentrés.

Direction de recherche : Kateri Lemmens, UQAR