Relier les communautés grâce à la valorisation et au partage des aliments 

L’organisation de rencontres et d’expérimentations gustatives vise à changer les perceptions associées au végétal comestible et, conséquemment, à agir directement sur les relations entre les êtres humains et non humains. Les échanges autour d’un aliment végétal permettent de révéler les histoires entourant son mode de culture, l’accès à la terre et au territoire, les rapports de pouvoir, ainsi que les dynamiques culturelles et politiques qui s’activent autour de sa production et de sa distribution (Tsing 2015; Taussig 2018; LaDuke 2005). Plus encore, les histoires, recettes et récits s’entremêlent, rendant dynamiques les savoirs liés aux aliments et connectant les personnes au-delà des différences (Twitty 2021). Les rencontres autour du végétal comestible deviennent autant de manières de partager les expériences, qui ne font pas l’économie des relations coloniales qui marquent les systèmes alimentaires (Kuokkanen 2011) et des diverses questions de justice alimentaire (Reese 2019; Penniman 2018). Il s’agit ainsi de créer des lieux de rencontre, de discussion et de disposition à l’écoute parmi les participant.e.s, d’établir des relations de soin, d’attention les un.e.s aux autres à travers les récits et le partage d’expériences relatives à l’alimentation, ici végétale. Pratiques, savoirs-faire, parcours mais aussi relations se tissent et se donnent à voir dans ces échanges autour de la matérialité du végétal comestible. Fruit, légume, graine, tubercule, racine comestible se posent ainsi comme médiateurs, élargissant les modes de connexion au végétal (Hanson 2015, Pollan 2002) mais aussi aux autres êtres et au territoire, sur un mode convivial (Abu Zaineh 2019).